NatyB - Comprendre son cancer du sein, le combattre et le vaincre en beauté La boutique NatyB - Lingerie, ensembles, accessoires... Le forum de NatyB
Accueil Informations > Mais de quoi me parlent tous ces médecins ? > La chimiothérapie et ses effets secondaires
La chimiothérapie et ses effets secondaires

Une chimiothérapie ne provoque aucune douleur durant la perfusion. Par contre, des effets secondaires indésirables peuvent survenir.

Les nausées et vomissements

Les nausées et les vomissements dépendent des produits utilisés.
Ils ne sont pas systématiques.
Avant chaque injection de chimiothérapie, un anti-nauséeux préventif vous sera administré. Parfois des produits classiques suffisent mais on utilise plus fréquemment des médicaments spécifiquement destinés à lutter contre les vomissements induits par la chimiothérapie.Les corticoïdes sont également très souvent utilisés et ne nécessitent pas de régime sans sel car le traitement est de courte durée.

Pour la maison, une ordonnance vous sera remise pour prévenir et soulager les éventuelles nausées.

Les nausées et les vomissements causés par la chimiothérapie surviennent dans les heures suivant la perfusion, mais peuvent aussi persister quelques jours. Ils peuvent être augmentés par l'anxiété et l'appréhension. La chimiothérapie peut aussi entraîner un goût métallique dans la bouche et le désintérêt voire le dégoût pour certains aliments.

Voici certaines précautions qui peuvent vous aider :

- avant le traitement, prenez un repas léger, buvez des boissons fraiches et gazeuses,

- pendant tout le temps du traitement, privilégiez des repas de petite quantité, une alimentation tiède ou froide,

- évitez le tabac, une alimentation épicée, l'alcool,

- si vous avez des nausées, essayez les sodas à base de coca.

Si les nausées et vomissements persistent, dites le à votre médecin, il pourra adapter le traitement.

Les cheveux, cils, sourcils et ongles

La chute des cheveux (l'alopécie) dépend du protocole de chimiothérapie que vous aurez c'est à dire de la nature et de la dose des produits qui seront utilisés pour votre traitement.
Selon donc les produits utilisés, votre médecin vous préviendra du risque sûr, possible ou peu probable de cette chute des cheveux. Sachez qu'avec certains produits et en cas de perfusions assez courtes (une heure maximum), on peut empêcher cette chute des cheveux par le port, pendant la perfusion, d'un casque réfrigérant à 4°C. Pour être efficace, il est préférable de porter ce casque sur des cheveux courts et mouillés, (pour qu'ils transmettent mieux le froid) ; pensez donc si vous souhaitez utiliser ce casque à amener un peigne et une serviette. Ce casque doit être maintenu en place pendant 15 à 30 mn après la fin de la perfusion. Il faut également savoir que pendant la durée du traitement, si vous utilisez le casque, vos cheveux ne doivent pas subir de coloration ou de permanente.

Si malgré cela, votre traitement entraîne une chute des cheveux, celle ci ne sera pas immédiate et surviendra deux à trois semaines après la première cure. Votre médecin pourra vous prescrire une perruque qui sera en partie remboursée par la sécurité sociale sur présentation d'une ordonnance (je vais très prochainement mettre à votre disposition un article sur ce sujet).

Mais, ce qu'il vous faut garder à l'esprit : chaque cheveu va repousser.

En effet, cette alopécie est due à une altération transitoire de la formation de la kératine qui est la structure de résistance du cheveu. Il devient ainsi fragile et se casse dès son émergence du cuir chevelu. On peut affirmer que les cheveux ne cessent de pousser pendant toute la durée du traitement mais n'atteignent jamais un stade visible. Il faut environ deux mois après l'arrêt des traitements pour obtenir l'équivalent d'une coupe courte.

Les cils et les sourcils peuvent "s'éclaircir" mais reviennent à la normale à la fin de la chimiothérapie. La perte des cils peut entraîner une irritation des yeux. Vous pouvez alors vous faire prescrire un collyre.

Certains produits rendent les ongles cassants, striés. Le Docétaxel (Taxotère) peut lui provoquer une toxicité au niveau des ongles. On remarque alors un touble de la formation de l'ongle au niveau de son lit de formation qui aboutit à une destruction, un décollement de l'ongle avec le développement d'une infection sous unguéale. Une prévention par le froid peut être efficace. L'application d'un vernis opaque est également indiquée voire fortement conseillée (vous pouvez choisir la couleur de votre choix, l'essentiel est que ce vernis soit opaque - pensez à protéger tous vos ongles, mains et pieds).

Les muqueuses

Au niveau de la bouche, la chimiothérapie peut entraîner une inflammation, des brûlures de la bouche et de la gorge, des aphtes, et elle peut favoriser des infections à champignons appelées mycoses : tous ces symptômes sont regroupés sous le nom de mucite.

Pour prévenir cette mucite :

- ayez une bonne hygiène buccale (utilisez de préférence pendant la durée du traitement une brosse à dent souple),

- utilisez des bains de bouche à base de bicarbonate (ils vous seront prescrits éventuellement par votre chimiothérapeute). Ne pas utiliser des bains de bouche "classiques du commerce" qui contiennent souvent de l'alcool et des irritants,

- évitez comme dit précédemment des aliments trop épicés ou trop acides (vinaigre, citron, moutarde...).

Si malgré cela une mucite, des aphtes ou des brûlures gastriques surviennent, votre médecin vous prescrira un traitement pour vous soulager et pour essayer d'éviter leur réapparition.

La chimio peut aussi favoriser la réapparition d'un herpès labial ("bouton de fièvre").De façon moins fréquente, la chimio peut entraîner une sécheresse du nez, des hémorroïdes ou des conjonctivites.

Troubles sanguins

La plupart des chimiothérapies font baisser de manière plus ou moins importante les trois types de cellules sanguines produites par la moelle osseuse : les globules blancs, les globules rouges et les plaquettes (la baisse des globules rouges survient plus tardivement). Une prise de sang vous sera demandée de façon systématique avant la reprise de chaque cycle de chimiothérapie.

Avec les chimiothérapies classiques, la chute des globules blancs (leucopénie) apparaît vers le 6ème jour, se complète jusqu'au 12ème pour se normaliser vers le 17ème jour. Pour rétablir plus rapidement un taux normal de globules blancs, le médecin peut vous prescrire un facteur de croissance (comme le Neupogen, le Granocyte, le Neulasta...) qui stimule la multiplication des globules blancs. Ces facteurs de croissance sont administrés sous forme de piqûres sous cutanées à la maison. Le risque infectieux lié à la diminution de ces globules blancs est présent entre le 10ème et le 14ème jour. Généralement banal, il peut se traduire par une fièvre minime, inférieure à 38° qui ne nécessite pas de traitement particulier. Par contre, un traitement antibiotique devient nécessaire si la température dépasse 38.5°. Il faut alors prévenir votre médecin. En cas de neutropénie (diminution des polynucléaires neutrophiles c'est à dire les globules blancs plus particulièrement destinés à lutter contre les infections), évitez les transports en commun, les lieux publics, les contacts avec les personnes porteuses d'un rhume, d'une grippe ou d'une autre infection et les enfants ayant une maladie infantile, surtout la varicelle.

La chimiothérapie peut aussi affecter le nombre de plaquettes (ces composants du sang qui servent à stopper les saignements). On parle alors de thrombopénie. Cette dernière peut entraîner des saignements de gencives, de nez, au niveau d'une plaie, des hématomes (bleus) spontanés sans choc ou sans rapport avec l'importance du choc, des saignements gynécologiques. Alors si la prise de sang révèle que votre nombre de plaquettes est insuffisant, il faudra généralement reporter à plus tard les séances de chimiothérapie (évitez par ailleurs de prendre de l'Aspirine qui retarde la coagulation).

La baisse des globules rouges et de l'hémoglobine correspond à une anémie. Les symptômes peuvent être une pâleur, une fatigue, un essoufflement à l'effort, parfois des étourdissements. Si vous rencontrez de telles manifestations, parlez en à votre médecin.

La baisse concomitante des trois types de cellules s'appelle une "aplasie".

Troubles gynécologiques

La plupart des chimiothérapies entraînent une suspension de l'activité ovarienne. Ainsi, chez les femmes non ménopausées, une irrégularité des règles et même leur arrêt peuvent survenir. Une contraception est cependant indispensable pendant cette période. Cet arrêt des règles n'est pas définitif chez les femmes jeunes et les règles réapparaissent (sauf en cas de traitements particuliers) dans les mois qui suivent la chimiothérapie. Par contre, semblables aux symptômes éprouvés lors de la ménopause, des sueurs froides et bouffées de chaleur sont fréquentes.

Après une chimiothérapie, les patientes qui retrouvent un cycle menstruel normal, pourront, malgré une fertilité réduite, entreprendre une grossesse. Pour les autres, une procréation médicalement assistée pourra être proposée dans certains cas. Certaines stimulations hormonales restent par contre formellement contre-indiquées après cancer du sein.

Dans tous les cas, après une chimiothérapie et/ou une hormonothérapie, le risque de malformation foetale n'est pas plus élevé que dans la population non traitée.

Troubles cutanés

Pendant la chimiothérapie, la peau de l'ensemble de votre corps est souvent très sèche. Il est donc conseillé d'utiliser des produits particulièrement hydratants pour soulager cette sensation de sécheresse.

La fatigue

La chimiothérapie peut provoquer une fatigue intense, surtout au lendemain d'une cure. Cet état va généralement en s'améliorant mais il est possible que vous ayez besoin d'adapter votre rythme de vie, surtout en soirée. Si vous vous sentez exténuée juste après une cure, reposez vous.