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Cancer : sur la piste de la cellule tueuse.

La recherche sur les cellules souches cancéreuses pourrait déboucher sur de nouvelles approches thérapeutiques de la maladie.

Soupçonnée depuis des décennies, l'existence de cellules souches à l'origine du cancer ne fait maintenant plus aucun doute. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques. Dans le monde entier, on s'active à identifier ces cellules. En France, une dizaine d'équipes sont en pointe.

Le cancer n'est pas un amas de cellules incontrôlables, jouant chacune sa partition sans se préoccuper des autres. Loin d'être un ensemble anarchique, la tumeur joue la synergie pour se développer. Et, comme chaque ruche possède sa reine, elle a ses cellules mères, bien protégées, que les scientifiques s'efforcent de débusquer.

Leur modèle de base a été une cellule souche saine, dite hématopoïétique, qui se multiplie en grand nombre et dont les filles se différencient très vite pour donner tous les composants du sang (globules rouges, globules blancs, plaquettes, etc.). En étudiant les leucémies, une équipe de Toronto (Canada) a publié un article prouvant l'existence au sein de la population tumorale d'un contingent de cellules ayant toutes les caractéristiques d'une cellule souche. Pour arriver à ce résultat, ces pionniers ont prélevé des cellules leucémiques chez un malade, les ont injectées à une souris qui s'est trouvée atteinte de la leucémie du malade. Il faut y voir la preuve que, parmi les cellules injectées, certaines étaient susceptibles de mettre en route ce type de cancer.

Aujourd'hui, nul ne peut dresser un portrait-robot précis de ces cellules souches, ni les reconnaître. Néanmoins, les chercheurs progressent, en s'appuyant notamment sur des marqueurs découverts à la surface des cellules souches du sang. Ces « étiquettes » leur permettent de mieux cerner ces cellules souches. De plus, l'intérêt pour ces cellules a été récemment relancé du fait que des résultats similaires ont été obtenus avec des tumeurs solides, plus fréquentes que celles du sang. Des équipes ont injecté des cellules cancéreuses de malades à des souris et créé chez elles des tumeurs « humaines ». Là encore, le concept a été validé, et des marqueurs spécifiques ont été découverts dans le cancer du sein, du cerveau, du côlon ou de la prostate.

Les spécialistes estiment aujourd'hui qu'il existe des cellules mères à l'origine de l'immense majorité des cancers, même si certaines restent à trouver. Si la découverte de ces cellules souches tumorales et de bon nombre de marqueurs présents à leur surface permettant de les identifier réjouit les chercheurs, ils se gardent bien de crier victoire. Le cancer est trop « rusé » pour ne pas avoir prévu de plan B, pour ne pas stocker des cellules aussi dangereuses mais ne portant pas les mêmes étiquettes à leur surface. Leur importance et leur pouvoir de nuisance restent mystérieux. Néanmoins, tenter de détruire spécifiquement toutes les cellules souches repérables constituera un nouvel angle d'attaque ciblé contre le cancer, une arme de plus pour compléter un arsenal qui ne cesse de s'enrichir. « Mais, attention, comme toute cellule souche normale, la cellule souche maligne est comme enfermée dans un coffre-fort, et donc insensible aux diverses agressions », précise Christine Chomienne.

En dehors de la chirurgie, les traitements classiques (chimio et radiothérapie) sont peu efficaces sur ces cellules, puisqu'ils ne sont actifs que sur des cellules qui se multiplient. Or la cellule souche ne s'active qu'en cas de besoin, à bon escient et de façon limitée, comme après une hémorragie, une brûlure ou après une chimiothérapie. Mais, dans le cancer, on ignore ce qui stimule la cellule souche cancéreuse, dont la persistance serait responsable des rechutes.

Autres interrogations : comment commence le cancer ? A partir des cellules mères des organes qui deviennent tumorales ou des cellules d'abord devenues malignes et qui se transforment ensuite en cellules souches ? Ou des deux ? Pour bien indiquer que le cancer n'est pas forcément dû à une cellule souche normale devenue maligne, ils préfèrent parler de « cellule initiatrice de tumeur ».

« Dans l'avenir, même si on a des moyens d'atteindre spécifiquement les cellules initiatrices de tumeurs, il faudra de toute façon commencer comme maintenant par détruire la masse tumorale, précise Christine Chomienne. Espérons que l'on pourra proposer au malade, dans un deuxième temps, une fois mis en rémission complète, les nouvelles approches thérapeutiques à l'étude ciblant spécifiquement les cellules souches cancéreuses dormantes ou au moment de leur "réactivation". On évitera ainsi nombre de rechutes et peut-être atteindrons-nous parfois la guérison. »
Anne Jeanblanc - Le Point.fr